Cette semaine pas d'illustration photo mais un passage du livre "Le Havre" publié aux éditions Maugard de Rouen.

L'auteur,  " Edmond Spalikowski " écrivain et poète Normand, nous brosse un tableau de ces différents endroits ou se mêlent  une population à tendance ouvrière. Il n’est pas tendre avec le quartier de l’Eure. Voici ce qu’il écrit en 1934.

« Aujourd’hui le quartier de l’Eure n’est plus qu’un faubourg d’une laideur désespérante. On y trouve bien ça et là quelques masures rustiques enclavées dans de vastes et interminables bâtiments industriels ou maritimes, que coupent des grandes artères biens tracées, tel ce boulevard Amiral Mouchez, telles les rue Marceau et Amiral Courbet que limitent le bassin de l’Eure, le bassin Bellot et celui du Canal, si l’on néglige les lointaines frontières dont la gare maritime, les abattoirs, forment les extrémités de ce vaste trapèze.

Il y a toujours une église de Saint-Nicolas de l‘Eure, mais moderne et toutes de briques, romane de style en souvenir de l‘ancienne du XIIème siècle, avec son carreau villageois ou place centrale, entourée de maison formant bourgade.

A l’intérieur, l’obscurité habituelle aux églises Havraises met une sourdine aux ors de la chaire et estompe les motifs décoratifs, frises et rinceaux essayant de donner un air riche à cette paroisse prolétarienne.»

Il termine en regrettant que le marais de Graville ne soit plus qu'un Creusot ou un Fives-Lille en miniature, il cherche les sauniers et pêcheurs d'autrefois ainsi que les criques et Vikings.